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VIENDO EN PARTICULAR

Brane Mozetič | Secuencias que siempre hay que recortar

UN chino joven me explica a Derrida,  se tambalea con un vaso en la mano. En realidad  he estado observándole antes y preguntándome  sobre ...

marzo 16, 2013

Jean Portante



AL SALIR eché un metro cúbico de luz
en el cráter como si de ti a mí se hubiera
metódicamente apagado el ir y venir 
de las cosas           el
oleaje y la resaca

conoces tú el trabajo de la sombra en torno
a nuestros ojos y todo lo que pasa
inadvertido cuando de repente tocamos
la hora que cae como cae

un sol que al caer aprende 
a brillar           hay en tu
última mirada
una obra inconclusa y en la mía 
la urgencia de un día que se acaba

y en la tuya ahora una escala ascendente
que sube a varear la fruta de un árbol que
no es ni del sur ni del norte
mientras fuera la noche y el día

comen a la misma mesa
nada se mueve en esta
línea que va de tus ojos a los míos
en la que nada se mueve ni deja de moverse



NO HACE MUCHO QUE SACO las viejas fotos
de sus cajas
          gracias a ellas 
he llegado hasta aquí pero ellas también
me deben alguna cosa
          nada

falta en los rostros que clavo 
en las paredes de mi
habitación           tu
sonrisa 
no sufre cuando con el martillo en una 
mano en la otra se alarga el

episodio siguiente          
esto sucede 
cerca de un pozo en el centro del patio de un
castillo medieval
          hace tiempo que 
nadie ha venido a
beber           los
visitantes

de hoy tienen todo lo necesario en 
sus botellas de
plástico           también se
dice 
que desde la última sequía los habitantes 
de los alrededores han tirado allí a sus muertos

pero no es de eso de lo que te 
quería hablar
                              ese
clavo sobre 
tu cabeza no es ni una aureola ni un

castigo           es apenas
el camino 
que he recorrido antes de colgar mi vida
a un muro lejano y blanco y desde él 
te espío y me espías y no tenemos

los dos acaso un martillo en la 
mano y en la otra los clavos comunes
de nuestra historia

JEAN PORTANTE (1950, Differdange, Luxemburgo)
Traducción: José M.G. Holguera


J’AI EN SORTANT versé un mètre cube de lumière


dans le cratère comme si de toi à moi s'était
méthodiquement éteint le va-et-vient
des choses           la houle
et le ressac

connais-tu le travail de l'ombre autour
de nos yeux et tout ce qui passe
inaperçu quand soudain nous touchons
l'heure qui tombe comme tombe

un soleil qui en tombant apprend
à briller           il y a
dans ton dernier regard
une œuvre inachevée et dans le mien
l'urgence d'un jour qui se termine

et dans le tien à nouveau une échelle
montant battre les fruits d'un arbre qui
n'est plus ni du sud ni du nord
tant que dehors nuit et jour

mangent à la même table
rien ne bouge sur cette
ligne qui de tes yeux va aux miens
rien n'y bouge et rien n'y est figé



DEPUIS QUE JE RESSORS les vieilles photos
de leurs boîtes         
c’est grâce à elles que
je suis arrivé jusqu’ici mais elles aussi 
me doivent quelque
chose           rien ne

manque dans les visages que je cloue
au mur de ma
chambre           ton sourire 
ne souffre pas quand d’une main je
tiens le marteau et que s’attarde dans

l’autre l’épisode qui suit
         cela se passe 
près d’un puits au milieu d’une cour d’un
château médiéval         
voilà longtemps que 
personne n’y est venu
boire           les visiteurs

d’aujourd’hui ont tout ce qu’il faut dans
leurs bouteilles en
plastique           on dit
aussi
que depuis la dernière sécheresse les 
habitants des alentours y ont jeté leurs morts

mais ce n’est pas de cela que je
voulais te parler
                                        ce
clou au-dessus de 
ta tête n’est pas une auréole ni un

châtiment          c’est à
peine le chemin 
que j’ai parcouru avant d’accrocher ma vie
à un mur lointain et blanc et c’est de là
que je t’épie et que tu m’épies et n’avons

nous pas tous les deux un marteau dans 
la main et dans l’autre les clous communs 
de notre histoire 

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